Ce matin, encore à moitié endormie, la tête dans le chou (pour ne pas dire autre chose), je prend comme d'habitude le journal métro, je le feuillette distraitement, et surprise !
Alors qu'on ne l'attendait plus, Factory Girl est sorti ! (En Belgique, du moins)
Et en plus, les critiques sont plutôt bonnes et, pour une fois, ne fustigent pas Hayden :
Journal Metro :
Ce biopic raconte la courte vie d'Edie Sedgwick qui devint la muse du phénomène du 'pop-art' Andy Warhol. L'épine dorsale du film est le déchirement que représente pour Edie le fait de devoir choisir entre son amitié pour un Warhol qui peut se montrer impitoyable et son amour pour un chanteur contestataire (il n'est pas cité par son nom, mais il est clair qu'il s'agit de Bob Dylan). Finalement, cette lumineuse jeune femme, qui fut brièvement le centre de toutes les attentions, sombra dans la drogue et mourrut à 29 ans d'une overdose. La force de ce film se situe dans les interprétations. Dans le rôle d'Edie Sedgwick, Sienna Miller est éblouissante debeauté et de talent et Guy Pearce est un fantastique Warhol. Même Hayden Christensen, qui est tout de même un acteur limité, fait bonne impression en Dylan
Journal La Libre :
Pop(art) and folk. L’heure de gloire de la muse de Warhol et Dylan
Qui se souvient d’Edie Sedgwick ? Qui se souvient des films d’Andy Warhol. Rares sont les occasions de les voir.
Et rares sont, dès lors, les chances de voir Edie Sedgwick, qui fut la muse de l’artiste, lorsqu’au milieu des années 60, il décida d’abandonner la peinture pour d’autres activités artistiques, et notamment le cinéma.
Edie est donc la girl de la Factory, du nom de cet endroit mythique, de ce creuset artistique où Warhol faisait mijoter l’underground new-yorkais. Edie rêvait d’être fameuse, d’être célèbre; pas d’être riche, car elle l’était déjà, ce qui arrangeait d’ailleurs bien Andy.
Fascinée par ce créateur qui voulait voir au-delà de la représentation - obsédé par ce qui était jetable et remplaçable -, elle va devenir sa muse, son moteur d’inspiration dans ses expériences cinématographiques, notamment.
Mais leur fusion explose lorsque Edie tombe sous le charme de Bob Dylan. Dylan et Wharhol, qui se déchirent pour ses beaux yeux, voilà un sacré titre de gloire pour Edie. Etre l’étoile du pop(art) et du folk simultanément, ce n’est pas banal, et même un peu de trop pour une jeune femme qui avait l’éclat de sa fragilité psychologique, et dont les drogues vont accélérer la décomposition.
Inquiétante vitesse
George Hickenlooper nous promène donc "backstage" dans la légende de l’art et du rock des années 60, au moment où Andy Warhol et Bob Dylan ont le monde à leurs pieds. Il brosse des portraits assez peu flatteurs des deux icônes à l’ego dévastateur. Déjà, résister à l’un demandait une sacrée force. Alors, deux, elle ne pouvait être que broyée.
A l’heure où l’on est prêt à tout, et même davantage, pour connaître ce fameux quart d’heure de gloire, prédit Warhol, "Factory Girl" montre à quelle vitesse inquiétante, ce qui était glamour devient vulgaire, ce qui était exaltant devient sordide, ce qui était inspiration devient déchet.
Sienna Miller trouve là un rôle où elle allume littéralement la pellicule - le noir et blanc lui va si bien -, avant de partir en vrille, et de s’écraser tristement, sans même produire une larme auprès de ceux qu’elle a musés.
Quant à Guy Pearce, il accomplit un saisissant tour de force en esquissant différentes facettes d’un artiste phare du XXe siècle.
VOilà vloilà...